Art

Michael Wesely: Stilleben | Galerie Esther Woerdehoff | Paris

Lisbeth Thalberg

Can photography measure the thickness of time ? This is the question posed by the works of German photographer Michael Wesely presented in the Stilleben exhibition.

Michael Wesely creates unique photographic images that are the result of superimposing thousands, or even millions, of individual images captured over a long exposure time.

In this way, in a single photograph, we can see everything that was in front of the lens during a given period of time. If Michael Wesely’s approach has similarities with video, which shares with it this recording of reality, it nevertheless captures the essence of a phenomenon, the very idea of a thing. The life of a bouquet of flowers, from birth to wilting, the flickering glow of candles watching over the dead in a Mexican cemetery and the path of the sun across the façade of the Museum of Modern Art as it undergoes renovation, are all condensed in these world images.

Michael Wesely, B1520 The Museum of Modern Art, New York (2.5.2003 – 21.11.2004), 2004, pigment print
Unique, 125 × 150 cm.
©Michael Wesely, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

This completely destabilises the division of time, because the exposure time needed to create these visual syntheses can be counted in weeks, months or years. The resulting still image doesn’t tell the whole story.

From a compositional point of view, there is another reversal. The moving elements leave less of an imprint than the fixed ones, giving rise to images that seem to quiver, as if animated by an inner mechanism.

Michael Wesely
Michael Wesely, B8761 Stilleben (13.4. – 17.4.2021), 2021
Stilleben series, pigment print, unique
©Michael Wesely, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Michael Wesely’s works are living images that show us the passage of time. They have the power to take us away from the fixed image that is the hallmark of the photographic medium, to bring us into the life of the subject photographed, which then becomes palpable. Michael Wesely’s artistic approach is a return to the memorial dimension that prevailed in the early days of photography. These images are a means of recalling the life of things.

With Stilleben, the gallery is exhibiting for the first time the work of Michael Wesely, who recently joined its programme.

Michael Wesely

Photography takes us back to the past. Pictures from our early years touch us emotionally ; we feel nostalgia as they refer to a time that is no more. German artist Michael Wesely, born in 1963 in Munich, is interested in this inexistent space where the future becomes the past.

In Albert Einstein’s theory of relativity, the present does not exist as a physical value; where we believe we can sense the now, it has already slipped away. Michael Wesely creates a true archive of time over days, weeks, years, while photography is a fast art, with the capturing of a single image usually only taking a fraction of a second. In a well-defined period of time, submissive to the cycles of the earth, the tides, the sun and moon, he creates a single photograph.

Since 1988, he has been creating images with exposure times stretching up to three years, exposed on a single piece of film, with the help of cameras and large-format lenses that he makes himself.

Since 2012, long, digital exposures have given birth to thousands and even millions of individual images which, unlike a film camera, are not placed one behind the other but one above the other. The result is, just as with analogue photographs, a single image that only reveals itself to the viewer gradually.

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Michael Wesely: Stilleben | Galerie Esther Woerdehoff | Paris

Lisbeth Thalberg

La photographie peut-elle mesurer l’épaisseur du temps ? C’est la question que posent les oeuvres du photographe allemand Michael Wesely présentées dans l’exposition Stilleben.

Michael Wesely conçoit des images photographiques en pièces uniques qui résultent de la superposition de milliers, voire de millions, d’images individuelles capturées sur un temps d’exposition long.

Nous pouvons ainsi voir en une photographie tout ce qui se trouvait devant l’objectif pendant un temps donné. Si la démarche de Michael Wesely a des accointances avec la vidéo, qui partage avec elle cet enregistrement du réel, elle saisit cependant l’essence d’un phénomène, l’idée même d’une chose.

La vie d’un bouquet de fleurs, de sa naissance à son flétrissement, la lueur vacillante des bougies qui veillent sur les morts dans un cimétière mexicain et la course du soleil sur la façade du Museum of Modern Art tout au long de sa rénovation, se retrouvent ainsi condensées dans ces images-mondes.

Michael Wesely, B1520 The Museum of Modern Art, New York (2.5.2003 – 21.11.2004), 2004, tirage pigmentaire
©Michael Wesely, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Le découpage du temps s’en trouve complètement déstabilisé car la durée d’exposition pour créer ces synthèses visuelles peut se compter en semaines, en mois ou en années. L’image fixe obtenue ne permet pas de le dire.

Du point de vue de la composition, un autre renversement s’opère. Les éléments mobiles vont laisser une empreinte moins forte que les éléments fixes, ce qui donne lieu à des images qui semblent frémir, comme si elles étaient animées d’une mécanique intérieure.

Michael Wesely
Michael Wesely, B8761 Stilleben (13.4. – 17.4.2021), 2021 Série Stilleben, tirage pigmentaire
©Michael Wesely, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Les oeuvres de Michael Wesely sont des images vivantes qui nous montrent l’écoulement du temps. Elles ont le pouvoir de nous extraire de l’image fixe, propre au médium photographique, pour nous faire entrer dans la vie du sujet photographié qui devient alors palpable. La démarche artistique de Michael Wesely renoue avec la dimension mémorielle qui prévalait dans les premiers temps de la photographie. Ces images sont des supports de remémoration de la vie des choses.

Avec Stilleben, la galerie expose pour la première fois le travail de Michael Wesely, qui a récemment intégré son programme.

Michael Wesely

La photographie nous renvoie au passé. L’artiste allemand Michael Wesely, né en 1963 à Munich, s’intéresse à cet espace inexistant où le futur devient le passé.

Dans la théorie de la relativité d’Albert Einstein, le présent n’existe pas en tant que valeur physique ; là où nous croyons percevoir le maintenant, il s’est déjà éloigné. Michael Wesely crée de véritables archives du temps sur des jours, des semaines, des années, alors que la photographie est un art rapide, la capture d’une seule image ne prenant généralement qu’une fraction de seconde. Dans un laps de temps bien défini, soumis aux cycles de la terre, des marées, du soleil et de la lune, il crée une seule photographie.

Depuis 1988, il conçoit des images avec des temps de pose allant jusqu’à trois ans, exposées sur une seule pellicule, à l’aide d’appareils photographiques et d’objectifs grand format qu’il fabrique lui-même.

Depuis 2012, les longues poses numériques donnent naissance à des milliers, voire des millions d’images individuelles qui, contrairement à un appareil argentique, ne sont pas placées les unes derrière les autres, mais les unes au-dessus des autres. Il en résulte, comme pour les photographies analogiques, une image unique qui ne se révèle au spectateur que progressivement.

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