Art

Gemma Pepper: Silent Witness – Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Lisbeth Thalberg

Visiting my grandparents’ childhood home was like travelling through a treasure trove of cherished memories. Tattered photographs emerged from old suitcases, each one a testimony to surviving a near-fatal house fire. These vintage photographs, some burnt and torn, others remarkably intact, stood as silent witnesses – the only mementos left of precious moments. During these formative visits, my passion for photography, particularly in its printed, analogue form, was ignited.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, Picture This, 2022 Photographie d’archive et mixed-media 20 x 20 cm, Unique piece

The series titled “Silent Witness” goes beyond mere pictorial representation and reconstruction of images and investigates the intricate layers of intergenerational family trauma spanning four generations. This trauma encompasses the mentioned house fire, wartime ordeals, instances of domestic adversity, and notably, their profound psychological impacts. Through meticulous inquiry, this series ventures beyond visual restoration, probing the nuanced implications of familial trauma on the human psyche. It endeavors to unravel the profound repercussions stemming from these events, encapsulating the enduring effects across multiple generations.

The technique I employ involves dissecting and reconstructing vintage photographs to breathe new life and universal meaning into their faded narratives. I believe that these fragmented photographs have the potential to reinterpret the past and reshape our understanding of the present and future. Based on personal experiences, I interweave whimsical and ironic elements highlighting the revitalising power of recovery. The usage of photographic portraits and snapshots in collage as a medium to embody mental trauma is a poignant and thought- provoking approach to deep understanding and articulation. It forces me to consider what an artwork of mental suffering might depict and how photography can help to manifest the elusive and often inexpressible. Traditionally, photography has served as a means of preserving memories, capturing moments and making them tangible over time.

However, in creating art out of psychological trauma, photography takes on a transformative role. It moves from being a tool of memory to one of revelation and expression. It provides a channel for those who have experienced psychological trauma to illuminate their hidden inner wounds, which can be difficult to articulate. Photography, when used to document psychological trauma, becomes a powerful tool of revelation and expression, transcending its role as a mere repository of memory. It allows individuals to confront and validate their emotional pain, making it tangible and empowering proactive steps towards healing.

At the heart of my research are questions such as: What does a photograph really do? Can it act as a metamorphosis and, instead of capturing a moment in time, change that moment forever? Can self-documentation of psychological trauma, or trauma in general, facilitate the healing process? I aim to expose the hidden scars of the past through my work in order to create dialogues about healing and resilience.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, The Seamstress’ Daughter, 2023 Photographie d’archive et mixed-media 20 x 20 cm, Unique piece

Gemma Pepper

Gemma Pepper is a mixed media artist who uses photography, thread, fabric and other materials to create artworks that explore personal themes as well as identity, memory and society. She studied photography at Llandrillo College, Rhos-on-Sea, North Wales, UK and at the University of Derby, England. She then graduated with a Master of Arts ZFH in Art Education, with a specialisation in Curatorial Studies from the Zurich University of the Arts, Switzerland in 2021. Her artworks are inspired by personal experiences and observations, as well as the historical and cultural contexts that shape her life. The artist uses archival photographs as the basis for her unique artworks. She manipulates the original photographs by cutting, weaving, covering or rearranging them to create new and unexpected compositions that challenge the viewer’s perception and interpretation. Threads, fabrics and other materials are added to add colour, texture and dimension to the artworks and to convey emotions, thoughts and feelings. The unique artworks are a reflection of the artist’s inner and outer self and serve as a means of communication and connection with the viewer and the world. They aim to question and critique issues that affect our identity and society, such as migration, globalisation, technology and intergenerational trauma.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, Day Trippers, 2023 Photographie d’archive et mixed-media 24 x 30 cm, Unique piece

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Gemma Pepper: Silent Witness – Galerie Esther Woerdehoff, Paris

Lisbeth Thalberg

Visiter la maison d’enfance de mes grands-parents a été comme un voyage dans un trésor de souvenirs qui me sont chers. Des photographies en lambeaux sont sorties de vieilles valises, chacune témoignant du fait qu’elle a survécu à un incendie qui a failli être fatal. Ces photographies anciennes, certaines brûlées et déchirées, d’autres remarquablement intactes, étaient des témoins silencieux, les seuls souvenirs de moments précieux. C’est au cours de ces visites formatrices que ma passion pour la photographie s’est révélée.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, Picture This, 2022 Photographie d’archive et mixed-media 20 x 20 cm, œuvre unique

La série intitulée “Silent Witness” va au-delà de la simple représentation picturale, elle étudie les couches complexes d’un traumatisme familial intergénérationnel s’étendant sur quatre générations. Ce traumatisme englobe l’incendie de la maison mentionné, les épreuves de la guerre, difficultés familiales et leurs profondes répercussions psychologiques. Grâce à une enquête méticuleuse, cette série va au-delà de la restauration visuelle, sondant les implications des traumatismes familiaux sur la psyché humaine. Elle s’efforce de démêler les profondes répercussions de ces événements, en encapsulant les effets durables sur plusieurs générations.

La technique que j’emploie consiste à disséquer et à reconstruire des photographies anciennes afin de redonner vie et un sens universel à leurs récits défraîchis. Je pense que ces photographies fragmentées ont le potentiel de réinterpréter le passé et de remodeler notre compréhension du présent et de l’avenir. Sur la base d’expériences personnelles, j’entremêle des éléments fantaisistes et ironiques qui soulignent le pouvoir revitalisant de la guérison. L’utilisation de portraits photographiques et d’instantanés en collage comme moyen d’incarner le traumatisme mental est une approche poignante et stimulante de la compréhension. Elle m’oblige à réfléchir à ce que pourrait représenter une œuvre d’art sur la souffrance mentale et à la manière dont la photographie peut aider à manifester ce qui est insaisissable et souvent inexprimable. Traditionnellement, la photographie sert à préserver les souvenirs, à capturer des moments et à les rendre tangibles au fil du temps.

Cependant, en créant des œuvres d’art à partir de traumatismes, la photographie joue un rôle transformateur. D’outil de mémoire, elle devient un outil de révélation et d’expression. Elle permet aux personnes ayant subi un traumatisme psychologique d’éclairer leurs blessures intérieures cachées, qui peuvent être difficiles à exprimer. La photographie, lorsqu’elle est utilisée pour documenter un traumatisme psychologique, devient un puissant outil de révélation et d’expression, transcendant son rôle de simple dépositaire de la mémoire. Elle permet aux individus d’affronter et de valider leur douleur émotionnelle, en la rendant tangible et en leur donnant les moyens de prendre des mesures proactives en vue de leur guérison.

Au cœur de ma recherche se trouvent des questions comme, ce que fait réellement une photographie. Peut-elle agir comme une métamorphose et, au lieu de capturer un moment dans le temps, changer ce moment pour toujours ? L’autodocumentation d’un traumatisme psychologique, ou d’un traumatisme en général, peut-elle faciliter le processus de guérison ? Je cherche à exposer les cicatrices cachées du passé à travers mon travail afin de créer des dialogues sur la guérison et la résilience.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, The Seamstress’ Daughter, 2023 Photographie d’archive et mixed-media
20 x 20 cm, œuvre unique.

Gemma Pepper

Gemma Pepper est une plasticienne qui utilise la photographie, le fil, le tissu et d’autres matériaux pour créer des œuvres d’art qui explorent des thèmes personnels ainsi que l’identité, la mémoire et la société. Elle a étudié la photographie au Llandrillo College, à Rhos-on-Sea, dans le nord du Pays de Galles, au Royaume-Uni, et à l’université de Derby, en Angleterre. Elle a ensuite obtenu un Master of Arts ZFH en éducation artistique, avec une spécialisation en études curatoriales, à l’Université des arts de Zurich, en Suisse, en 2021. Ses œuvres d’art s’inspirent d’expériences et d’observations personnelles, ainsi que des contextes historiques et culturels qui façonnent sa vie. L’artiste utilise des photographies d’archives comme base pour ses œuvres d’art uniques. Elle manipule les photographies originales en les coupant, en les tissant, en les recouvrant ou en les réarrangeant pour créer des compositions nouvelles et inattendues qui défient la perception et l’interprétation du spectateur. Des fils, des tissus et d’autres matériaux sont ajoutés pour ajouter de la couleur, de la texture et de la dimension aux œuvres d’art et pour transmettre des émotions, des pensées et des sentiments. Les œuvres d’art uniques sont le reflet du moi intérieur et extérieur de l’artiste et servent de moyen de communication et de connexion avec le spectateur et le monde. Elles visent à remettre en question et à critiquer des questions qui affectent notre identité et notre société, telles que la migration, la mondialisation, la technologie et les traumatismes intergénérationnels.

Gemma Pepper
Gemma Pepper, Day Trippers, 2023
Photographie d’archive et mixed-media
24 x 30 cm, œuvre unique.

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